Christian Poveda : La Vida Loca

Posted by Guilhem On octobre - 12 - 2009

Le film de Christian Poveda, « La vida loca » est à l’affiche depuis le 30 septembre en France. « La Vida Loca » est un documentaire criant de vérité sur  la vie de gangs du Salvador surtout connus pour leurs tatouages spectaculaires, les « maras ». Véritable copie latina des gangs américains, ils sont responsables selon l’AFP de 60 % des homicides commis au Salvador et contrôlent aussi le trafic de drogues et d’armes. (voir la bande annonce La vida Loca)

Biographie de Christian Poveda :

Christian Poveda  était un photographe et réalisateur français qui a été assassiné dans la nuit de mercredi 2 au jeudi 3 septembre au nord de la capitale salvadorienne. Une balle dans la tête, trois dans le thorax. Une fin tragique pour un homme qui s’était fortement engagé dans la réalité sociale violente de ce pays d’Amérique centrale.

Depuis ses débuts comme photoreporter en 1979, Christian Poveda ne cesse de rendre compte de la réalité dans ce qu’elle peut avoir de plus cru et de plus intolérable.

Il délaisse peu à peu la photo et se consacre à la vidéo en réalisant d’excellents documentaires pour la télévision française :
-  « Voyage au bout de la droite » (en 1998, avec le journaliste Nick Fraser) sur les mécanismes de l’extrême-droite en Europe
- « On ne tue pas que le temps » en 1996 sur le travail des militants d’Act’ Up, une association de lutte contre le sida à Paris
- « Les Bannis » en 200 sur les victimes de la double peine.
Mais sa passion pour l’Amérique latine ramène Christian Poveda au Salvador, où il va filmer durant16 mois le documentaire « La Vida loca » (2009).

Il a filmé leurs membres tatoués de la tête aux pieds, les a photographiés dans leur quotidien : prise de drogue, séances de tatouages, rixes armées, rôle des épouses… Des copies du film circulaient depuis quelques semaines dans le pays ce qui a sans doute précipitée sa mort.

Il est donc mort pour sa passion et pour son métier, sans avoir de reconnaissance dans son pays d’origine. Il laisse cependant un documentaire violent par son réalisme et poignant par l’intégration du réalisateur dans la vie de ces hommes et de ces femmes qui savent, tous, que la mort par balles est leur plus sûr destin.

Découvrez une superbe galerie photo des Maras 18 par Christian Poveda sur le site officiel du film :

http://www.lavidaloca-lefilm.com/galerie.html

Et voici une petite revue d’effectif des maras du Salvador diffusée notamment dans le Monde :

1/ Nom : Edgar Mauricio Ramos Galdamez – surnom : El Diablo
Date et lieu de naissance : 14-11-1976 à Santa Ana – niveau d’études : bac – profession : mécanicien.
En Amérique centrale, on les appelle les « maras ». Importés des ghettos hispaniques de Los Angeles, ces gangs de jeunes sèment la terreur au Salvador, asphyxié par douze années de guerre civile. Portraits de membres de la Mara Salvatrucha et de la Mara 18, les deux principales bandes rivales qui se livrent une lutte sans objet et sans merci.

2/ Nom : Saul Elias Carpio – surnom : El Maligno
Date et lieu de naissance : 8-10-1979 à Chachualpa – niveau d’études : 4e – profession : mécanicien et électricien.
Il a grandi avec sa mère, femme de ménage, et n’a aucun souvenir de son père. Il intègre la Mara Salvatrucha à l’âge de 15 ans. Condamné à une peine de quinze ans pour meurtre, il est depuis 1999 au centre pénitentiaire de Quezaltepeque. A sa sortie de prison, il aimerait se réinsérer dans la société et se chercher une vie nouvelle aux Etats-Unis.

3/ Nom : Carlos Antonio Avalos – surnom : El Killer
Date et lieu de naissance : 1985 à Cojutepeque – niveau d’études : analphabète. A l’âge de 5 ans, il part aux Etats-Unis avec sa mère. A 13 ans, il intègre la Mara 18 de Los Angeles pour suivre ses deux frères. En 1997, il est expulsé vers le Salvador après quatre ans de prison pour vol. En 2004, après un an et cinq mois de prison, accusé de meurtre, il est libéré, faute de preuves. Arrêté pour port d’armes de guerre en septembre 2004.

4/ Nom : Jessica Siomara Avalo Caceres – surnom : La Chola
Date et lieu de naissance : 13-8-1978 à Zacatecoluca – niveau d’études : seconde – profession : aide en mécanique. Elle a grandi auprès de sa mère, mais a été élevée par sa grand-mère. Elle intègre la Mara 18 à 13 ans, lorsqu’elle rejoint son père à Los Angeles. Renvoyée au Salvador au bout de six mois, elle réintègre le gang. Condamnée à une peine pour vol à main armée ».

5/ Nom : Jose Enrique Salvador Peralza – surnom : El Gangster de Iberia
Date et lieu de naissance : 21-11-1982 à San Salvador – niveau d’études : 4e – profession : menuisier. Il intègre la Mara Salvatrucha à 13 ans après l’assassinat de plusieurs gamins de son quartier. Condamné à une peine de huit ans pour meurtre, il est détenu depuis décembre 2002 au centre pénitentiaire de Quezaltepeque. A sa sortie de prison, il pense réintégrer le gang.

6/ Nom : Cesar Antonio Lopez Molla – surnom : El Pantera
Date et lieu de naissance: 1-7-1980 à Tenancingo – niveau d’études : 6e – profession : charpentier.
Il a grandi avec ses parents paysans et membres de la guérilla durant la guerre. Il intègre la Mara 18 à l’âge de 16 ans. Depuis mai 2004, il est détenu en préventive pour meurtre au centre pénitentiaire de Chalatenango. A sa sortie de prison, il pourrait « partir aux Etats-Unis rejoindre la Mara 18 de Los Angeles ».

7/ Nom : Francisco Portillo Lopez – surnom : El Grenas
Date de naissance : 9-8-1975 – niveau d’études : 6e – sans profession.
Ses parents sont paysans. Il intègre la Mara 18 à l’âge de 26 ans parce que, dit-il, « le chiffre 18 m’est arrivé en plein coeur ». Condamné à quatorze ans de prison pour meurtre, il est détenu depuis 1999 au centre pénitentiaire de Chalatenango. A sa sortie, « le gang, ma famille, aura besoin de moi ».

8/ Nom : Jose Lopez Portillo – surnom : El Happy
Date et lieu de naissance : 26-12-1979 à San Salvador – niveau d’études : CM1 – sans profession.
Il quitte ses parents à l’âge de 14 ans pour vivre dans la rue. Il intègre la Mara Salvatrucha à l’âge de 15 ans pour se faire respecter. Condamné en 2001 à une peine de trois ans pour vol, il est assassiné par des membres de la Mara 18 quelques jours après sa sortie de prison.

9/ Nom : ne désire pas être reconnu – surnom : El Santo

Détenu au centre pénitentiaire pour mineurs de Tonacatepeque pour meurtre, il est condamné à sept ans de prison. Au Salvador, la peine maximale pour un mineur ne peut pas dépasser sept ans.

10/ Nom : Argentina Marisol Pacas – surnom : La Tigria
Date et lieu de naissance : 5-10-1978 à San Miguel – niveau d’études : 6e – mère de 3 filles, elle attend un enfant d’El Diablo.
Sa mère meurt lorsqu’elle a 4 ans. Elle grandit de maison en maison dans la famille, chez des amis. Seule, elle commence à travailler à l’âge de 10 ans. A 22 ans, elle intègre la Mara 18 par amour pour El Diablo. Elle a purgé une peine de huit mois de prison pour vol. Elle espère pouvoir partir aux Etats-Unis pour que ses filles aient un meilleur avenir.

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